LIBÈRE(S)-TOI TOI-MÊME!
- Dr Alain SUPPINI
- 20 déc. 2025
- 3 min de lecture
Quand Edward Bach rejoint la vision énergétique de la médecine chinoise
En 1932, le médecin britannique Edward Bach publie Libères-toi Toi-même [le "s" n'est pas une faute, mais un impératif en français ancien soutenu-NDLR], un texte aujourd’hui presque introuvable, mais profondément moderne. Dans ce livre, il affirme une idée radicale pour son époque : la maladie n’est pas un accident du corps, mais une disharmonie de l’être, un conflit intérieur qui finit par se manifester physiquement.
Cette perspective résonne fortement avec la médecine chinoise, qui envisage la santé comme l’expression d’un équilibre dynamique entre corps, esprit et émotions.

La santé comme harmonie intérieure
Bach écrit : "Notre santé dépend de notre harmonie avec notre âme."
Autrement dit, la maladie survient lorsque nous nous éloignons de ce que nous sommes vraiment, lorsque notre manière de vivre n’est plus alignée avec nos besoins profonds.
Dans la tradition chinoise, ce concept fait écho à la notion de Shen (l’esprit), reliée à l'organe Cœur. Lorsque les émotions se figent, débordent ou ne circulent plus, l’harmonie énergétique se rompt, et le trouble s’installe d’abord de façon invisible, puis dans le corps.
La maladie comme message
Pour Bach, la maladie n’est pas un phénomène isolé, mais un langage : "La maladie est le résultat de la résistance de la personnalité à la guidance de l’âme."
Si l’on transpose cette idée dans la médecine chinoise, les symptômes ne sont pas seulement des dysfonctionnements, mais des indicateurs d’un déséquilibre plus large, souvent émotionnel :
- les tensions musculaires renvoient au Foie et au stress
- la fatigue chronique à la Rate et au surmenage mental
- les palpitations au Cœur et à l’inquiétude
- les douleurs lombaires aux Reins et à la peur
Dans les deux systèmes, le corps exprime ce qui n’a pas encore été dit.
Le rôle des émotions
Bach identifie douze grandes catégories émotionnelles considérées comme sources de déséquilibre : la contrainte, la peur, l’agitation, l’indécision, l’indifférence, la faiblesse, le doute, le sur-enthousiasme, l’ignorance, l’impatience, la terreur et le chagrin.
Chaque émotion est associée à un remède floral destiné à restaurer un état positif.
La médecine chinoise établit un parallèle similaire entre émotions et organes :
- colère → Foie
- joie → Cœur
- rumination → Rate
- tristesse → Poumons
- peur → Reins
Dans les deux approches, le déséquilibre émotionnel est considéré comme une cause première de la maladie.
La guérison comme retour à soi
Bach insiste sur le fait que la santé apparaît lorsque nous sommes fidèles à notre nature profonde, à notre rythme, à notre vocation personnelle. Il écrit : "Faites ce que vous aimez, et alors vous serez heureux et bien… alors vous obéirez aux commandements de votre Moi spirituel."
Cette idée rejoint la perspective énergétique : lorsque la personne vit en accord avec ce qu’elle est vraiment, le Qi circule, l’esprit s’apaise, le corps retrouve sa fluidité.
La guérison n’est plus seulement une réparation : c’est une réintégration.
Pourquoi ce texte nous parle encore aujourd’hui ?
Parce qu’il invite à regarder la santé autrement.
Non pas uniquement comme une question biologique, mais comme une construction vivante où s’entrelacent :
- nos émotions,
- nos pensées,
- nos choix,
- nos relations,
- notre environnement,
- et notre rapport au sens.
Dans cette perspective, Libères-toi Toi-même n’est pas seulement un ouvrage historique : c’est un pont entre deux visions du soin, l’une occidentale, intuitive et spirituelle, l’autre orientale, énergétique et millénaire.
Toutes deux affirment que :
- la santé est naturelle,
- le corps est intelligent,
- la maladie nous parle,
- et la guérison commence par la conscience de soi.
Conclusion
Relire Edward Bach aujourd’hui, c’est redécouvrir une médecine du lien, entre émotion et corps, entre pensée et énergie, entre ce que nous vivons et ce que nous ressentons.
C’est une manière de rappeler que la santé n’est jamais uniquement mécanique : elle est vivante, intérieure, dynamique.
Et qu’au fond, les approches traditionnelles comme modernes racontent la même histoire, celle d’un être humain qui cherche à retrouver l’équilibre perdu, et qui possède déjà en lui les ressources pour y parvenir.







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